Archive pour la catégorie 'Dépenses de santé'

La télésanté : une réponse aux changements nécessaires de l’offre de soin ?

Télésanté

Considérant que la télésanté pourrait être un outil d’amélioration de notre système de soins en participant pleinement à la préservation des valeurs de notre société, fondée sur l’égalité et la solidarité et qu’il incombe aux pouvoirs publics de mettre en place les conditions favorables à son essor, le Premier Ministre, Monsieur François Fillon, avait confié à Pierre Lasbordes, Député de l’Essonne, une mission auprès de Madame Roselyne Bachelot-Narquin, Ministre de la santé et des sports, dont l’objet était de proposer au Gouvernement un plan concret de déploiement de la télésanté dans les domaines médical et médico-social.

Le rapport Labordes sur la télésanté remis officiellement cette semaine

Ce rapport a été remis officiellement cette semaine montre qu’il  est urgent d’agir car la technologie est au stade de maturité ; les industriels prêts ; les professionnels de santé, les associations de patients (le Collectif Interassociatif Sur la Santé) favorables ; les mutuelles, les sociétés d’assurances, la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie déjà engagées dans le processus tandis que la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés souhaite y prendre toute sa place.

15 recommandations pour un déploiement immédiat

Après avoir présenté les enjeux et les bénéfices attendus, ce rapport présente 15 recommandations concrètes pour un déploiement immédiat.

  1. Concrétiser l’engagement pour la télésanté par un déploiement pluriannuel régional de projets pilotes
  2. Réduire la fracture territoriale sur le plan médical et médico-social
  3. Mettre en place des services de télésanté pour favoriser le maintien à domicile et accompagner la sortie d’hospitalisation
  4. Offrir un meilleur usage de la permanence des soins notamment l’accès aux urgences
  5. Mobiliser la télésanté au service des handicapés et des personnes âgées dépendantes
  6. Ouvrir les établissements pénitentiaires à la télésanté
  7. Sécuriser et responsabiliser les acteurs par la mise en place d’un nouveau cadre juridique
  8. Définir de nouveaux modes de rémunération maîtrisés
  9. Labelliser les services et les produits et accréditer les prestataires
  10. Former tous les professionnels de santé, les professionnels médico-sociaux et les aidants
  11. Ouvrir un portail « grand public » d’information sanitaire, médicale et médico-sociale
  12. Mettre en oeuvre une politique industrielle incitative et innovante
  13. Améliorer l’observance médicale et développer l’éducation thérapeutique des patients
  14. Sélectionner les investissements productifs
  15. Lancer un plan de communication national pour informer et générer l’intérêt et la confiance

Un plan quinquennal éco-responsable

Au travers d’une feuille de route 2010-2014 très volontariste, l’ambition de ce rapport est d’offrir à l’ensemble des français :

  • un accès aux soins facilité,
  • une meilleure qualité de soins,
  • un maintien à domicile aussi long que possible, participant à la préservation du lien social,
  • un plus grand confort dans la prise en charge replaçant l’usager et le patient au cœur des dispositifs de santé,
  • l’opportunité pour l’industrie française de devenir un leader mondial des applications de télésanté et notamment de la consultation à distance et de l’hospitalisation à domicile.

Le maillage des professionnels de santé entre eux, mais aussi avec les patients

La télésanté et la télémédecine, en créant un véritable réseau entre tous les professionnels de santé (médecins, pharmaciens, infirmiers, et ;) et les patients, pourraient, de façon efficiente, être une des réponses aux profonds changements nécessaires de l’organisation actuelle des soins et participer à la réconciliation nécessaire du médical et de l’économique, en proposant des outils contribuant à la maitrise des dépenses de santé.

Le Grand emprunt : une opportunité pour la télésanté

Ce rapport suggère, que dans le cadre du Grand emprunt, la France pourrait prendre la décision stratégique d’investir dans la télésanté garantissant ainsi pour les français et les générations futures un système de santé de qualité accessible à tous et en tout lieu sur notre territoire.

« La télésanté en France, un nouvel atout au service de notre bien-être »

Les membres de la mission semblent vraiment convaincus de leurs propositions et de leur plan quinquennal éco-responsable allant même, sans un certain lyrisme, sous-titrer leur rapport : « La télésanté en France, un nouvel atout au service de notre bien-être ».

Rapport Lasbordes: “La télésanté: un nouvel atout au service de notre bien-être” à télécharger

Le paiement à l’acte remis en cause : vers une évolution de la rémunération des médecins libéraux…

CAPI

Depuis le 21 avril  2009, le CAPI est proposé aux praticiens libéraux.

Qu’est ce que le CAPI ?

Derrière l’acronyme CAPI se cache le Contrat d’Amélioration des Pratiques Individuelles, une des dernières innovations de l’assurance maladie qui le présente comme un véritable « élément d’une stratégie d’efficience », allant même jusqu’à le qualifier de « révolution dans les relations conventionnelles».

Une idée astucieuse

En proposant aux médecins libéraux de signer ce contrat, l’assurance maladie introduit une part variable de rémunération en fonction de l’atteinte de certains objectifs.
Sur le papier, ces objectifs sont louables : prévention, suivi des patients atteints de maladie chroniques, prescription de générique, etc. Les caisses mesuraient déjà, à leur manière, la performance avant de retourner l’information aux professionnels notamment au travers de leurs délégués de l’assurance maladie (D.A.M.) considérant qu’il s’agissait déjà d’un levier pour faire évoluer les pratiques.
Avec le CAPI, c’est-à-dire une rémunération au résultat, l’assurance maladie se dote d’un nouveau levier avec ce système qui s’inspire de certaines expériences étrangères qui auraient montré une certaine efficace dans des contextes différents.

Une part variable importante ?

Le revenu moyen d’un médecin généraliste est estimé à 5.750 euros brut par mois (69.000 euros brut par an) avec, certes, des écarts importants d’un médecin à l’autre. Un praticien qui atteindrait les objectifs fixés, pourrait percevoir une rémunération supplémentaire annuelle de l’ordre de 5.000 à 6.000 euros, soit 7 à 9% de son revenu annuel, ce qui est loin d’être négligeable…

Quelles réactions des professionnels ?

Le CAPI a été décrié et vilipendé dès l’annonce de sa création. Tous les syndicats de médecins ont tiré à boulets rouges sur ce projet dénonçant outre la complexité du système, véritable « usine à gaz », le risque de conflit d’intérêt, de tri sélectif des patients, etc.

L’Ordre des médecins (CNOM), rarement à la pointe de la contestation, est même sortie de sa réserve habituelle en jugeant contraires à la déontologie les clauses et contrat d’intéressements pour un médecin. Le CNOM s’est même fendu d’un communiqué de presse, « CAPI » : Le NON du CNOM : Tels qu’ils sont, ils contreviennent à la déontologie.

Fait rarissime, une polémique est même née entre le CNOM et l’Assurance maladie afin de savoir si les médecins conseil de la CNAM étaient, ou non, intéressés financièrement à la signature des CAPI (on imagine déjà les médecins conseils avec des bonus annuels de traders). Frédéric Van Roekeghem, Directeur général et Hubert Allemand, Médecin Conseil National de la CNAM ont du écrire une lettre au CNOM et la rendre publique, afin de faire taire la polémique.

Le Leem (Les entreprises du médicament), syndicat professionnel de l’industrie pharmaceutique, n’est pas non plus le dernier à contester, non pas le volet prévention auquel il adhère mais, le volet prescription s’inquiétant de voir les médecins tourner le dos à l’innovation thérapeutique en les amenant à faire le choix entre le prix d’un médicament et son effet thérapeutique !

Alors, combien de signatures ?

La CNAM envisageait 4.000 à 5.000 signatures de CAPI avant la fin de l’année, début septembre plus de 8.000 médecins généralistes l’avaient déjà signé… si bien que devant ce succès l’assurance maladie a revu à la hausse ses objectifs et tablerait aujourd’hui sur plus de 10.000 contrats signés avant  la fin de l’année.

Inquiétude des syndicats professionnels

Les syndicats professionnels ont bien des raisons d’être inquiets. D’abord les médecins n’ont pas suivi leurs consignes qui étaient ne pas signer ; de plus, les CAPI sont des contrats individuels signés directement entre le médecin généraliste et la CPAM et ces contrats individuels pourraient être les prémisses d’un conventionnement individuel, et non plus collectif comme il l’est actuellement. Quel serait alors le rôle de ces syndicats ?

Et la suite ?

La création d’une part variable de la rémunération, même sur des critères de performance, pourrait être au détriment de la revalorisation du « C », coût de la consultation (aujourd’hui 22 euros). Le CAPI ouvre une brèche dans le sacro-saint et unique paiement à l’acte et pourrait même introduire un troisième mode de rémunération : le forfait (ou capitation), c’est-à-dire un forfait attribué au médecin pour la prise en charge d’un patient (ou d’une pathologie).

Si cela était le cas, les médecins libéraux auraient un schéma de rémunération à trois niveaux : forfaitaire, à l’acte et à la performance, une vraie révolution qui n’est pas encore faite mais qui est en bonne voie… à suivre.

On vit une époque formidable : qui va payer le vaccin contre la grippe A ?

OFRTP-FRANCE-GRIPPE-VACCIN-20090715Alors que certains, comme Antoine Flahault, s’interroge sur son blog dans son billet « L’improbable vaccin pour tous » sur la bonne stratégie vaccinale à mener contre la pandémie de grippe A (H1N1) : stratégie de barrière épidémique ou stratégie de protection des personnes à risque, d’autres se posent une question beaucoup plus pragmatique : qui va payer !

Quelles conséquences économiques et sociales ?

Les conséquences de la pandémie grippale risquent d’être catastrophiques ; selon les projections faites à ce sujet, la France pourrait être confrontée à un choc sanitaire majeur aux conséquences économiques et sociales considérables : plus d’un million d’hospitalisations supplémentaires, plus de 10 millions de Français malades traités chez eux, la fermeture des écoles, la restriction des déplacements…

Toujours une histoire de gros sous

Face à cette situation, les pouvoirs publics répondent par histoire de gros sous alors que la situation amène à se poser de très nombreuses questions sur lesquelles le Parlement aura, pour beaucoup, à apporter des réponses et exercer son pouvoir.

« La gratuité du vaccin pas garantie »

Voilà la une de nombreux journaux ces dernières semaines reprenant les propos du ministère de la Santé qui ne sait pas « si le vaccin contre la grippe A sera gratuit ». La France a commandé plus de 90 millions de vaccins pour un montant qui serait de plus de 800 millions d’euros (le montant de ce marché est classé « secret défense »).

Que représente 800 millions d’euros face aux dépenses qu’aurait à faire face l’assurance maladie si des millions de français tombaient malades ?

Que représente 800 millions d’euros face aux conséquences économiques et sociales ?

Des réactions parfois surprenantes

Cette dépense de 800 millions d’euros devrait être partagée entre l’Etat et l’assurance-maladie à 50-50 mais soulève déjà réactions, parfois, à mes yeux, surprenantes : des parlementaires jugent l’adition trop salée, certains considèrent le coût par personne vaccinée très supérieur à celui du vaccin contre la grippe saisonnière suggérant une mauvaise négociation avec les laboratoires pharmaceutiques , d’autres critiquent la gestion des stocks et même les syndicats se mêlent à la polémique, pour le syndicat Force ouvrière ce n’est pas le rôle de l’assurance maladie de prendre en charge les dépenses exceptionnelles de l’État et la CGT affirme que le gouvernement dépense trop d’argent pour cette grippe A, au grand bénéfice des laboratoires pharmaceutiques (c’est tout juste si le grand capital et les multinationales pharmaceutiques ne sont pas responsables de l’émergence du virus de la grippe A (H1N1)…).

Même si ces dépenses qui, parce qu’elles pourraient permettre de sauver des vies et un cataclysme économique devraient être considérées, dans une certaine mesure, comme un investissement, sont a prendre en compte et à financer, je pense que les autorités, les politiques et toutes les parties prenantes devraient avoir un peu plus de discernement pour mettre la priorité de leur propos où elle se doit, à suivre…

Alors pour la santé, on dépense ou on investit… ???

moléculeCertains trouveront cela curieux, de façon simultanée la Caisse Nationale d’Assurance Maladie CNAM fait part de ses premières pistes pour réduire les dépenses afin d’éclairer, comme chaque été, le gouvernement dans la préparation du prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) et de l’autre Valérie Pécresse, actuelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche les trois axes de recherche prioritaires identifiés, dont le premier est : la santé….

L’assurance-maladie préconise 25 mesures pour économiser 2 milliards d’euros en 2010

Même si cela n’empêchera pas le déficit de se creuser, l’assurance-maladie propose des mesures pour freiner les dépenses de médicaments, de dialyse pour les insuffisants rénaux, de transport sanitaire, la rémunération des médecins libéraux, les indemnités journalières versées en compensation des arrêts de travail, pour les établissements de santé rapprocher les tarifs entre le secteur public et privé pour des prestations comparables, développer la chirurgie ambulatoire, développer les services de retour à domicile (kiné, aide ménagère…) pour réduire les hospitalisations en moyen séjour… un vrai inventaire à la Prévert mais sans raton laveur…

La stratégie nationale de recherche et d’innovation : 3 priorités de recherche à 4 ans

Pendant plus de six mois, 600 personnalités d’horizons divers ont mené une réflexion en vue de définir la stratégie nationale de recherche et d’innovation. Valérie Pécresse a présenté les trois axes de recherche prioritaires identifiés, à savoir la santé, l’environnement et les technologies de l’information. Pour la santé, il s’agit de répondre aux attentes particulièrement fortes des Français sur ce sujet, d’anticiper et de faire face à l’apparition de nouveaux enjeux (vieillissement de la population, maladies infectieuses…), et de développer le tissu industriel dans ce domaine. Ces priorités de recherche tiennent compte des enjeux de connaissance (c’est le but premier de la recherche), des enjeux de société et des enjeux économiques ; investir dans la santé, c’est aussi développer un tissu industriel notamment dans le domaine des thérapies pour les maladies neurodégénératives, pour les services à la personne, grâce à des partenariats public-privé, en développant des technologies et des services innovants et adaptés pour l’aide à l’autonomie des personnes dépendantes (handicapés, personnes âgées).

Dépenses et investissements dans la santé : un paradoxe ?

Une première analyse rapide pourrait amener à penser que c’est un paradoxe mais la santé est peut-être une chance pour les états, et en particulier l’état français. Pour la santé, la demande sociétale est forte et d’autant plus exigeante que la population est vieillissante : comprendre et prendre en charge le développement des maladies liées à l’âge, tenir compte des attentes fortes en matière de bien être et de qualité de vie, juguler l’émergence de maladies infectieuses et garder une indépendance sanitaire…

janus

Tel Janus, la santé a 2 visages…

Dépenses et investissements, passé et avenir, nous avons comme Janus deux visages opposés et nos regards ne peuvent (ou ne veulent) jamais se croiser lorsque l’on parle de santé. Je reste persuadé que la santé est, certes, génératrices de dépenses, mais aussi, une superbe opportunité de développement et de croissance économique pour notre pays. A nous de mettre le curseur au bon endroit et de ne pas nous laisser dépasser par d’autres pays qui ont compris cela depuis longtemps…

Barack Obama pour des choix de santé abordables

ObamaHealthCareMichael Moor doit sourire, lui qui, dans son film documentaire SiCKO sorti en 2007, avait comparé le système de santé  des États-Unis, à ceux du Canada, de la Grande-Bretagne, de la France et de Cuba. Ce documentaire voulait dénoncer le système de santé des Américains comme trop inhumain et trop lié aux services privés et aux compagnies d’assurance.

Plus de 45 millions d’Américains sans couverture santé

Les dépenses de santé aux Etats-Unis représentent ‘équivalent de 16 % de leur PIB et au rythme actuel, ces dépenses pourraient atteindre 20 % du PIB en 2020 (pour mémoire, il est de 10 % en Allemagne et de 11,1 % en France).

Une assurance médicale privée à 80%

L’assurance médicale est, aux Etats-Unis, privée à 80 %. Seuls les retraités ayant cotisé (Medicare), les handicapés, les anciens combattants et les très faibles revenus (Medicaid) sont assurés par le secteur public mais la dette cumulée de Medicare atteint déjà plus de 2.000 milliards de dollars.

Près de 50 millions d’Américains sans assurance maladie

En 2008, c’était plus de 45 millions d’Américains qui n’étaient pas assurés, aujourd’hui ce serait près de 50 millions d’Américains, soit 16,5 % de la population.

Une réforme de la couverture médicale est déposée au Congrès américain

Tous les Américains devraient peut-être avoir bientôt une assurance-maladie. La promesse de campagne de Barack Obama commence à prendre réalité avec le projet de réforme qui a été soumis au Sénat et qui s’intitule « Loi sur des choix de santé abordables ». L’objectif n’est pas de créer une couverture de santé universelle mais d’offrir aux Américains le choix entre différentes options et d’élargir la couverture santé aux 46 millions d’Américains de moins de 65 ans qui n’ont pas d’assurance privée et qui ne sont pas couverts par les programmes existants (Medicare et Medicaid).

Les laboratoires pharmaceutiques vont passer à la caisse

Au décours d’une rencontre entre des représentants de l’industrie pharmaceutique et le Président Obama, Billy Tauzin, Président de PhRMA, a révélé que les laboratoires avaient déjà accepté de contribuer à la réforme à hauteur de 80 milliards de dollars, en travaillant notamment sur les coûts des médicaments.

Une réforme au pas de charge

Le Président Obama se souvient probablement de l’échec de sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton qui, lorsqu’elle était première dame des Etats-Unis dans les années 1990, avait tenté d’imposer une réforme de la santé. Le Président souhaiterait boucler la réforme pour octobre avec un coût estimé de 1.000 milliards de dollars sur dix ans… et on critique notre bonne vieille Frenchie de sécu !
Une réforme gigantesque que je vais suivre de près.

Etudes de coûts par pathologie entre l’Allemagne, l’Australie, le Canada, la France et les Pays-Bas : des similitudes mais aussi des différences !

Couts santé

L’IRDES (institut de recherche et de documentation en économie de la santé) vient de publier « Etudes de coûts par pathologie : une comparaison méthodologique entre cinq pays ».

Comptes de santé dans les cinq pays étudiés : Allemagne, Australie, Canada, France et Pays-bas

La durabilité (ou soutenabilité) économique du financement des dépenses de santé confrontées à une croissance continue amène la plupart des pays à élaborer des Comptes nationaux de la santé qui permettent d’évaluer la dépenses globale dédiée à la santé, de suivre son évolution et d’en analyser les sources de financement et la répartition par secteur de production ; ces comptes permettent aussi de comparer les dépenses de santé entre pays.

Un intérêt de plus en plus marqué pour les études de coûts par pathologie

Cette approche médicalisée des comptes permet de répartir les dépenses par grande catégorie de diagnostics et d’analyser leur mode de prise en charge.
Ces cinq pays présentent un certain nombre d’options méthodologiques communes qui autorisent ce travail de comparaison mais aussi des divergences importantes qui peuvent biaiser la comparabilité.

Des tendances communes…

Dans les cinq pays étudiés, trois groupes de pathologies prédominent et occasionnent les coûts les plus importants : les maladies cardiovasculaires les maladies digestives et les troubles mentaux.

… des différences significatives

En Allemagne par exemple, les maladies de l’appareil circulatoire et les maladies du système ostéo-articulaire et des muscles occasionnent des coûts significativement plus élevés que dans les autres pays ; il en est de même pour les maladies de l’appareil respiratoire en Australie et pour les troubles mentaux aux Pays-Bas.

Des différences à comprendre ou à expliquer

Ces écarts dans les résultats de ces cinq études de coût par pathologie pourraient s’expliquer par les différences d’organisation et de performance des systèmes de santé ou par le profil épidémiologique et démographique respectif de chaque pays.

Comment améliorer la comparabilité globale ?

Pour en faire réellement des outils de comparaison de performance et de pilotage des systèmes de santé, il conviendrait de pérenniser et d’actualiser ces études de coûts par pathologie et surtout il serait nécessaire de se doter de règles de comparabilité communes et d’une nomenclature de référence pour l’élaboration des Comptes de la santé.

Un problème malheureusement universel

Nous voyons bien que la pérennisation de notre système de santé dépasse l’hexagones et concerne tous les pays industrialisés (pour les pays en voie de développement, c’est un problème différent et encore plus complexes à résoudre). Chaque pays dispose d’un système de comptabilité nationale dans lequel sont retracés la production, la consommation et le financement de la « fonction santé ».

Les grands agrégats des comptes de la santé en France

Dans le cadre des comptes de la santé sont calculés :

  • La consommation des soins et de biens médicaux (CSBM) qui constitue la valeur totale des biens et services de santé consommés à titre individuel. Elle se compose des soins hospitaliers (publics et privés), des soins ambulatoires (médecins, dentistes, etc.), des transports de malades, des médicaments et des autres biens médicaux (optique, prothèses, etc.).
  • Les dépenses courantes de santé (DCS) qui est un agrégat plus large qui ajoute à la CSBM : les dépenses individualisables mais qui ne correspondent pas à un bien ou un service de santé (indemnités journalières de maladie, maternité, accident du travail, etc.), les dépenses de prévention à caractère individuel (dépistage, vaccination, etc.) ou collectif (campagnes d’information et d’éducation de la santé, etc.), les dépenses de fonctionnement et de développement du système de santé (formation des personnels de santé, recherche médicale, coût de gestion de las santé, etc.).
  • La dépense totale de santé (DTS) qui est un agrégat proche du précédent mais qui répond à la définition initialement proposée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et aujourd’hui adoptée par l’Union européenne et l’Organisation mondiale de la santé. Le DTS se différencie quelque peu de la DCS car elle intègre les investissements du secteur public hospitalier ainsi que les dépenses relatives à la dépendance et au handicap, mais ne comptabilise pas les indemnités journalières, ni les dépenses de recherche et de formation médicale.

La nomenclature SHA (System of Health Accounts)

Afin de disposer d’un système international commun donc comparable, l’OCDE a proposé le SHA, grille commune pour la production des Comptes de santé à travers des règles de comptabilité identiques et une déclinaison des agrégats monétaires selon trois critères : la nature des soins (health care function), le producteur des soins (health care provider) et la source de financement (source of financing).

Vers un système de santé durable?

Nous devons nous engager dans cette voie d’harmonisation des Comptes nationaux de la santé.
Je pense que c’est notamment en se comparant et en apprenant de l’autre que nous pourrons développer durablement un système de santé, non seulement compatible avec les besoins des générations futures, mais aussi soutenable sur le plan économique et irréprochable en terme d’équité sociale.

Source : Irdes, Questions d’économie de la santé n°143, juin 2009

Le cinquième risque : menace ou opportunité ?

5e risqueLa prise en charge de la perte d’autonomie et de la dépendance des personnes âgées représente un véritable enjeu de société. En France, on estime aujourd’hui qu’une personne sur quatre issues des générations du baby boom aura à en souffrir.

La loi du 24 janvier 1997, définit la dépendance comme « l’état de la personne qui, nonobstant les soins qu’elle est susceptible de recevoir, a besoin d’être aidée pour l’accomplissement des actes essentiels de la vie ou requiert une surveillance régulière ». En 2008, la dépense publique liée à la prise en charge des personnes âgées dépendantes (prestations de santé et prestations de « compensation de la perte d’autonomie ») s’élève déjà à 19 milliards d’euros par an, soit l’équivalent d’un point de PIB.

La Sécurité sociale en France comporte actuellement quatre branches :

Comme ces quatre branches actuelles de la Sécurité Sociale ne pourront répondre au défi démographique du vieillissement, le gouvernement envisage d’assurer la prise en charge de la dépendance par la création, non pas d’une « cinquième branche », mais d’un « cinquième risque ». Ce « cinquième risque » combinerait un financement public au titre de la solidarité et une assurance individuelle encouragée par des incitations fiscales ; c’est cette dimension assurantielle qu’elle suppose qui a fait préférer l’emploi de l’expression « cinquième risque » à celui de de « cinquième branche » de la Sécurité sociale.

Création d’un droit universel

Quels que soient l’âge de la personne et les causes de sa perte d’autonomie, ce droit deviendrait universel et donnerait accès :

  • à une évaluation des besoins d’aide à l’autonomie qui prendrait en compte les spécificités de chaque situation ;
  • à l’élaboration d’un plan personnalisé de compensation intégrant les prestations, biens et services, identifiées comme nécessaires.

« La question de la création d’un cinquième risque de sécurité sociale sera l’un des grands chantiers de l’année prochaine », a indiqué le président de la République récemment

Avant la fin de l’année, le gouvernement devrait se penchera sur le dossier du « cinquième risque ». Alors que le dossier est fortement attendu, une interrogation persiste, celle de la question du financement et la meilleure façon de l’organiser notamment la place du privé.

Maintenir un socle solidaire et trouver un financement complémentaire

Les pouvoirs publics envisageraient d’instaurer une contribution liée au patrimoine. La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), préconise d’établir une prestation universelle qui soit à la fois généralisée et personnalisée. Même si la majorité des français reste attachée à la couverture publique de la dépendance, pourra-t-on échapper à un complément par une assurance privée ? Les acteurs privés de l’action sociale et de l’assurance auront probablement un rôle à jouer dans la prise en charge de la dépendance ; mais sous quelle forme ?

Toujours combien ça coûte ? Mais jamais combien ça rapporte ?

Comme toujours, ce véritable enjeu de société n’est vu que par l’angle de son financement. A aucun moment nous nous posons la question du nombre d’emplois directs et indirects générés, de la création de valeur, etc.… et pourtant, à moins d’envoyer nos personnes âgées en Inde ou en Chine, ces emplois créés seront difficilement délocalisables !

Sécurité Sociale : la double peine pour les citoyens français…

L’assurance-maladie pourrait afficher en 2010 un « trou » de près de 10 milliards d’euros, après 7,7 milliards en 2009, annonce le journal La Tribune dans son édition du 14 avril 2009. C’est Frédéric Van Roekeghem, directeur général de la Caisse nationale d’assurance-maladie (Cnam) qui le dit lors de son audition par la commission des Affaires sociales du Sénat si les prévisions économiques actuelles se révèlent exactes.

L’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) peut difficilement porter de tels montants ; alors, dans ce contexte une solution est envisagée par un transfert de la dette sociale vers la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades) qui devrait dès lors voir ses ressources augmenter. Il ne serait pas question d’augmenter la CSG ou la CRDS, mais le gouvernement envisagerait de fusionner la Cades et l’Agence France Trésor qui gère la dette de l’Etat.

A aucun moment il n’est fait allusion au montant, non pas des recettes, mais des dépenses ; et pourtant ces dépenses sont dans les objectifs de l’Assurance Maladie.

Les français payent déjà un lourd tribut avec les effets de la crise financière mais, en plus, les autorités culpabilisent les citoyens avec ce « trou abyssal » de l’assurance maladie. Cette dégradation des comptes de la Sécurité Sociale s’explique non pas par une augmentation des dépenses mais par un manque à gagner considérable au niveau des recettes, manque à gagner inévitable du à la stagnation de la masse salariale conséquence de l’augmentation du chômage.

N’est-ce pas une véritable double peine pour les français ?

« N’hésitez plus à négocier avec les médecins » — Le Parisien

« N’hésitez plus à négocier avec les médecins » est le conseil que donne Le Parisien  à ses lecteurs. En effet, les patients seraient de plus en plus nombreux à obtenir des ristournes auprès de leur médecin car ils disposent désormais d’informations permettant de faire jouer la concurrence.

« 25 % sur une couronne, 50 % sur une opération, 40 % sur des lunettes… » seraient les ristournes obtenues.

Le « marché » de la santé deviendrait-il un véritable souk ?

Le secteur de la santé serait désormais gagné par la pratique du marchandage sous les regards approbateurs des pouvoirs publics, de l’assurance maladie et surtout les complémentaires « maladie » ; chacun y trouvant un intérêt. Le journal rappelle que depuis le 1er février 2009, « le patient dispose d’un devis que le médecin devra obligatoirement lui remettre dès lors que le montant des honoraires ou d’un acte va dépasser 70 €. Un écrit, détaillé, que le patient peut même faire analyser. Et il ne s’en prive pas : la Maaf traite ainsi chaque mois près de 400 devis. »

« Certaines complémentaires santé jouent la même partition. Depuis début 2009, des assureurs ou des mutuelles, dont la Maaf, MMA ou AGF, proposent l’analyse en ligne des honoraires chirurgicaux (les autres spécialités sont analysées par courrier). Enfin, une société comme Santéclair est en train d’organiser des réseaux de professionnels — opticiens, dentistes, audioprothésistes, pharmaciens — s’engageant sur le prix et la qualité dont elle diffuse largement les coordonnées… ».

Les questions sont posées :
Doit-on laisser s’instaurer une négociation financière entre le patient/consommateur et les professionnels de santé ?
S’agira-t-il d’une négociation financière ou d’un véritable marchandage ?
Qui régulera ? Est-ce encore le marché ? Peut-on (encore) compter sur lui ?

A suivre…

Dépenses de santé

Pourquoi parle-t-on toujours de dépenses de santé et d’investissements dans le domaine du nucléaire ou des énergies renouvelables.
Cette question me taraude depuis longtemps !
Mais, après de longues réflexions, je me suis rendu compte que la santé était principalement, pour ne pas dire essentiellement, abordée par l’angle de son financement.

Dis-moi qui te finance, je te dirai qui tu es !

En regardant de plus près, notre système de santé n’existe que par son mode de financement. Lorsque nous parlons de politique de santé, en fait nous parlons essentiellement de la maîtrise des dépenses de santé qui restent focalisées sur le contrôle de l’offre de soins, le contrôle des tarifs, des prix et parfois (ou surtout) la restriction de la prise en charge de certains soins et biens médicaux.

Montant annuel des dépenses hospitalières du secteur public, montant annuel des frais d’hospitalisation privée dans le secteur dit lucratif, dépenses de soins de ville, dépenses d’honoraires, dépenses de prescriptions, dépenses pour les soins d’auxiliaires médicaux, les masseurs, les laboratoires d’analyses biologiques, les dentistes, les sages-femmes, les infirmières, objectif annuel d’évolution des dépenses pharmaceutiques, enveloppe pour le secteur médico-social… la santé des français n’est vue que sous l’angle de la dépense ; et pourtant ! Derrière ces dépenses se cachent avant tout des patients, de la vie, du bien-être, de la qualité de vie, mais aussi des emplois directs, indirects, de l’intelligence, du savoir, de la richesse intellectuelle et économique, de la création de valeur dans l’économie de la connaissance…

Ne pouvons-nous pas changer notre angle de vue, inverser nos regards, prendre la santé, notre santé, non pas comme un fardeau ou une charge à porter, mais comme une richesse à entretenir, une opportunité, cessons de dépenser pour notre santé et décidons d’investir en elle !

A suivre…


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