Archives de janvier 2010

Un laxatif dans la ville…!!!

Un laxatif dans la ville…!

Non, ce n’est pas le titre d’un mauvais film mais bien la réalité de la rivalité entre la ville de Modane et le Laboratoire Pharmaceutique Cooper qui commercialise un laxatif du même nom.

« La Santé dans la Cité » ne pouvait ne pas rapporter ce fait-divers qui pourrait prendre une tournure judiciaire avec dans le rôle de la « Santé » le laxatif Modane® et dans celui de la « Cité » Modane, la ville de Savoie.

Tout commence par un déremboursement

Modane®a obtenu une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) en 1962 et, selon la législation française, ce médicament ne pouvait faire de la publicité. En 2006, le laxatif a été déremboursé.

Il fallait trouver de nouveaux débouchés…

La Cooper, comme elle en avait le droit, a alors décidé de faire de la publicité afin de « booster » les ventes de son laxatif.

Une campagne très suggestive

Un homme, le pantalon baissé sur les chevilles, « trône » visiblement depuis plus longtemps qu’il ne l’aurait souhaité ; un comprimé de Modane® lui promet une solution rapide à ses problèmes de constipation !

Un conseil municipal qui pousse son maire

C’est seulement il y a quelques semaines que le maire de Modane a découvert cette campagne de publicité. Nous ne savons pas si elle lui en a « bouché un coin »… mais sa réaction fut immédiate considérant cette assimilation porterait atteinte à sa réputation de sa ville. Il se base sur l’article L711-4 du Code de Propriété Intellectuelle qui précise « qu’il est interdit de déposer une marque qui porterait atteinte au nom, à l’image ou à la renommée d’une collectivité territoriale ». Son conseil municipal la autorisé, et le « pousse » même, à aller en justice pour régler le litige.

La Cooper ne mollit pas !

L’industriel, surpris de la réaction du maire de Modane, cherche à minimiser l’événement, fait état d’une certaine antériorité, l’AMM ayant été accordée en 1962 et se refuse, pour le moment, de perdre 45 ans de notoriété an rebaptisant ce médicament.

Et si Modane® avait eu d’autres vertus thérapeutiques… comment aurait réagi la ville de Modane ?

Je présente mes excuses aux lecteurs qui trouveraient ce billet futile mais je ne pouvais vraiment pas faire de l’ « obstruction » à la diffusion de l’information et, de temps en temps, cela fait du bien de se « lâcher » ! Promis, je ne le ferai pas trop souvent…

A peine créée, l’Agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France se met à l’heure du Web 2.0

En octobre 2009, Claude Evin a été nommé à la tête de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France. Sa première mission est de préparer la mise en place de cette Agence, véritable « pilote régional de la politique de santé ».

Missions de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France

Les missions de l’ARS sont :

  • de réguler l’offre sanitaire et médico-sociale,
  • de s’assurer de la qualité et de l’efficience du système de santé régional,
  • de définir et de mettre en œuvre un véritable projet régional de santé

La particularité de l’ARS d’Ile-de-France est de répondre aux spécificités de la région qui rassemble 11 millions d’habitants et représente 20% des dépenses de santé.

Travailler avec toutes les parties prenantes

Claude Evin souhaite travailler avec l’ensemble de ses partenaires : professionnels, usagers, associations et collectivités locales de la région Ile-de-France. C’est pourquoi, avant même la création de l’ARS Ile-de-France, il a mis en place un blog : www.sante-iledefrance.fr au nom évocateur de « Le blog de la préfiguration de l’Agence Régionale de Santé de l’Ile-de-France » dont l’objectif est de communiquer en direction des acteurs de la santé en Ile-de-France.

Quel type de communication ?

Informations sur la mise en place de l’Agence, données générales sur des sujets de santé, interrogations suscitées par ce changement profond dans le pilotage régional de la santé, etc. seront les sujets abordés par ce blog.

Interactivité

La volonté profonde de se blog est de créer une véritable interactivité avec toutes les parties prenantes et en particulier aux citoyens et professionnels de santé assurant que la nouvelle Equipe de l’ARS Ile-de-France se tiendra à la disposition de tous pour répondre à toutes les questions.

Responsable préfigurateur

Non sans humour, Claude Evin signe sous le titre de « Responsable préfigurateur »… une initiative à suivre de près !

Le Président Sarkozy en appelle de tous ses vœux à refonder la médecine libérale

Dans un contexte de polémique sur la gestion de la pandémie de grippe A (H1N1) et de tension avec les syndicats de médecin libéraux, Nicolas Sarkozy a annoncé le 12 janvier, à Perpignan lors de ses vœux au monde de la santé, avoir demandé au président du Conseil national de l’ordre des médecins de lui faire des propositions à la fin de mars pour refonder la médecine libérale.

Le médecin libéral est le premier recours

« Le médecin généraliste est un repère indispensable dans notre vie quotidienne et nous aurons toujours besoin d’un médecin à proximité » nous rappelle le Président avant de constater que la médecine libérale est « confrontée à deux défis très difficiles ». L’un est numérique, « sur dix inscriptions à l’ordre de nouveaux médecins, il n’y en a plus qu’une aujourd’hui en libéral » et l’autre est qualitatif « l’exercice libéral a perdu de son attractivité ».

Changement du mode d’exercice de la médecine libérale : une réalité sociologique

« En résumé, la médecine libérale doit être, j’emploie un mot fort, refondée à l’heure même où les demandes qui lui sont adressées n’ont jamais été aussi nombreuses ».

Un enjeu immense

Le Président Sarkozy a confié cette mission « d’état des lieux et de propositions » au président du conseil national de l’ordre des médecins, le Docteur Michel Legman. Pour « inventer un nouveau modèle de soins de premier recours », le Docteur Legman aura deux mois et demi, c’est-à-dire rendre sa copie avant la fin du mois de mars !

Le Président a déjà des idées…

« Il faudra simplifier la vie du praticien », le temps passé aux « travaux administratifs » et à la « paperasse », « c’est du temps en moins pour soigner les malades ». « Le choix des conditions d’exercice doit évidemment rester entièrement libre » et « rester fidèle aux principes de la médecine libérale » mais il faudra offrir aux praticiens qui le souhaitent la possibilité « d’exercer dans des maisons de santé, des centres de soins ambulatoires ». La mobilité devra aussi s’imposer « le médecin généraliste, demain, n’aura pas un seul mais plusieurs lieux d’exercice ». Et enfin, « la question de la coopération avec les autres professionnels de santé » est reposée ; « les pharmaciens d’officine, les infirmières libérales seront une composante de l’offre de soins de premier recours » afin de laisser la possibilité aux médecins généralistes de « se recentrer sur des consultations de cas plus difficiles ».

Volonté ou contre-feu ?

La question posée de la refondation de la médecine libérale est plus que légitime, elle s’impose ; mais pourquoi la poser maintenant et demander à ce pauvre Docteur Legman, qui néanmoins aura le droit de s’entourer « d’experts » mais « au sein d’un groupe de travail restreint », de rendre ses propositions en deux mois et demi.

S’agit-il d’une véritable volonté de notre Président ou simplement de la tentation d’allumer un contre-feu dans cette période difficile de relation avec la médecine libérale ?

Nous en reparlerons… à suivre….

Roselyne Bachelot profite de la trêve des confiseurs pour communiquer

C’est sous le titre « La campagne de vaccination ne saurait se réduire à quelques réquisitions maladroites » que notre ministre de la santé et des sports, Roselyne Bachelot-Narquin signe, dans le Monde, une lettre à destination des « réquisitionnés ».

Internes, étudiants en médecine et en soins infirmiers unissez-vous !

« Je tiens à m’adresser à tous les internes, ainsi qu’aux étudiants en médecine et aux étudiants en soins infirmiers auxquels nous demandons beaucoup » commence ainsi la ministre avant d’expliquer immédiatement que « le virus A(H1N1) a émergé à la fin du mois d’avril au Mexique… et dès le début du mois de mai, le gouvernement a décidé qu’il se mettrait en capacité de proposer à chacun de nos concitoyens qui le souhaiterait de se faire vacciner, le  plus rapidement possible ».

« A partir de cette date, des mesures sans précédent ont été prises, d’une part pour acquérir le nombre de doses de vaccins nécessaires et, d’autre part, pour déterminer la manière de les administrer au plus grand nombre dans un temps très restreint ».

La suite n’est que justification du « défi » auquel le gouvernement a été confronté : « proposer la vaccination à 65 millions de Français, sans prendre le moindre risque de déstabiliser notre système de soins… » ; c’est-à-dire vacciner avant la première vague épidémique tout en « protégeant à la fois l’hôpital et la médecine de ville ».

Deux contraintes : l’une logistique, l’autre administrative

Une contrainte logistique, « pour disposer de vaccins rapidement, les laboratoires pharmaceutiques nous les ont livrés en lots de flacons multidoses (10 doses par flacon) », mais nous ne saurons peut-être jamais si c’était à la demande des autorités afin de gagner tu temps (plus que de l’argent). Ce conditionnement de 10 doses par flacon, « pas adapté à une vaccination en cabinet de ville » est aujourd’hui bien utile comme argument (ou justification) à opposer à la fronde des médecins libéraux qui, pour beaucoup contre ce vaccin, auraient néanmoins volontiers accepté quelques consultations supplémentaires.

Une contrainte administrative « la traçabilité » renforcée de la pharmacovigilance qui « aurait entraîné une surcharge de travail pour tout professionnel exerçant seul et dont le temps est si précieux ».

Réquisition, si tu savais tout le bien je pense de toi…

La suite n’est que explication (ou justification) du choix de la réquisition « afin de protéger ces professionnels volontaires, l’Etat a fait le choix d’une protection juridique maximale que seule la réquisition prévoit ». « Dès le 21 août, date de la circulaire fondatrice du dispositif de vaccination, le principe général de la mobilisation des professionnels de santé était énoncé clairement : le volontariat et la mobilisation de tous au service de nos concitoyens, mais en respectant un ordre de priorité permettant de préserver l’offre de soins ». Si certains n’apprécient pas d’être réquisitionnés appelés, c’est qu’ils n’ont rien compris à la chance de « contribuer à cette formidable démarche de santé publique ».

Démarrage lent…

Après un démarrage lent, « la population a massivement adhéré à cette démarche de prévention », massivement… cela relève un peu de la méthode Coué !

Mais revenons aux réquisitions

Dès l’annonce de réquisitions de professionnels, la ministre a « immédiatement donné des instructions pour que la mobilisation se fasse en « bonne intelligence » » et la campagne de vaccination a déjà permis de vacciner 5 millions de nos concitoyens confirmant ainsi que cette campagne « ne saurait se résumer à quelques réquisitions maladroites et, à cet égard, regrettables ».

Concitoyens, retenez que vous avez de la chance !

Nous devons tous retenir que « c’est la chance qu’a la France de disposer d’un système de santé ayant la capacité de mener de front une campagne de prévention sans précédent tout en préservant la prise en charge des malades, y compris des plus graves ».

Internes et étudiants en médecine et en soins infirmiers, vous pouvez compter sur Roselyne Bachelot, et plus encore sur les instructions qu’elle a données pour que la rémunération qui vous revient « soit versée dans les meilleurs délais » et pour conclure elle veut vous le redire combien elle vous remercie.

Communication, transparence et principe de précaution où tu nous mènent…

Cette pandémie restera, à plus d’un titre, exceptionnelle ; c’est notamment la première à l’ère, de ce que l’on appelle, la communication mais aussi celui de la transparence et du principe de précaution, pour le meilleur et pour le pire.

La transparence qui a amené, suite à une saisine de la Cada (Commission d’accès aux documents administratifs), le ministère à rendre publics les textes des contrats, signés avec l’industrie pharmaceutique et conservés par l’Eprus (Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires) ; en effet, la Cada qui avait jugé que ces contrats avaient « vocation à être portées à la connaissance de tous, dans le cadre d’une politique de santé publique transparente ».

Principe de précaution, qui peut, tant justifier le fait de vouloir vacciner tout le monde (considérant le risque potentiel de la grippe A H1N1) que de ne vacciner personne (considérant le risque potentiel de la vaccination).

Technologie de la communication qui permet de suivre en temps réel l’évolution de la maladie à travers le monde mais aussi qui permet à n’importe quel bloggeur (que je suis…) de prendre une position totalement opposée à un groupe d’experts (c’est bien connu qu’un bloggeur, seul réuni avec lui-même, sans aucune expertise sur le sujet, peut, dans sa plus grande sagesse, aller à l’encontre de recommandations documentées émises par un groupe d’experts).

Exercice ministériel difficile

Je ne suis pas un suppôt de Roseline, mais je pense que, en son âme et conscience, elle s’est entourée d’experts et personnes compétentes afin de bâtir, en son temps, il y a quelques mois, un plan de prévention contre la grippe A dont la vaccination n’est qu’un des piliers. Elle n’aurait pas prise de telles mesures, les mêmes qui critiquent aujourd’hui auraient critiquer son absence de réactivité (souvenons-nous de la canicule).

Communiquer sur la grippe A H1N1 devient un exercice difficile, et encore plus en cette période. Après un début de communication en fanfare, voir hypermédiatique, notre ministre n’a visiblement pas su trouver les bons sujets, les bons mots et les bons canaux et se livre aujourd’hui à l’exercice, plus classique, de la lettre ouverte.

Critiquer est aisé !

« La critique est aisée et le critique dans l’aisance » disait Jules Renard ; néanmoins, nous ne pourrons pas nous priver, a posteriori, d’analyser et d’essayer de comprendre comment communiquer efficacement sur des sujets de santé publique aussi important en échappant à la certaine cacophonie ambiante qui règne actuellement.


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