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Rougeole : après l’OMS, c’est l’Institut de veille sanitaire qui s’inquiète d’une couverture vaccinale insuffisante

Début décembre 2009, j’avais écrit un billet intitullé L’OMS met en garde sur un risque de résurgence de décès dus à la rougeole : dommage collatéral de la polémique sur la vaccination contre la grippe A H1N1 ?, aujourd’hui c’est l’Institut de veille sanitaire (InVS) qui nous alerte sur l’intensification de l’épidémie de rougeole pour la France ; en effet, le nombre de cas a plus que doublé, passant de 604 en 2008 à 1 525 en 2009. La conclusion est sans appel : c’est la couverture vaccinale qui reste insuffisante.

La rougeole est redevenue en juin 2005 une maladie à déclaration obligatoire

En France, en 2005, un plan national d’élimination de la rougeole a été mis en place avec comme objectif de couverture vaccinale de 95 % à l’âge de 2 ans. Pour mémoire la recommandation actuelle de vaccination contre la rougeole (avec un vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole) est l’administration d’une 1re dose à 12 mois et d’une 2e dose entre 13 et 24 mois ; de plus, une circulaire de la Direction générale de la santé fixe des recommandations spécifiques de vaccination autour d’un cas ou de cas groupés.

Evolution de l’incidence depuis 2006

Alors que la circulation du virus semblait assez limitée en 2006 et 2007 (respectivement 44 et 40 cas déclarés), une résurgence de la maladie en France a été observée au printemps 2008 avec une nette accélération à l’automne de cette même année : 604 cas déclarés en 2008 et un nombre provisoire de rougeoles déclarées de 1525 pour 2009. Pour le mois de janvier 2010, l’InVS a déjà reçu près de 100 déclarations obligatoires de rougeole.

Quelles âges pour les cas de rougeole ?

L’âge médian (l’âge médian est l’âge qui divise la population en 2 groupes numériquement égaux, la moitié est plus jeune, l’autre moitié est plus âgée) des cas de rougeole en France est de 12 ans (extrêmes : 1 mois – 76 ans). Les enfants de moins de 1 an représentaient près de 8 % des cas (122 cas déclarés) et les adultes de 20 ans ou plus représentaient 23 % des cas. Entre 2008 et 2009, la distribution des cas par groupes d’âges a significativement changé, avec notamment une augmentation significative en 2009 de la proportion des cas de moins de 1 an ainsi que des cas âgés de 20-29 ans..

Vaccinés ou pas ?

L’analyse du statut vaccinal montre que sur les 1 313 cas pour lesquels ce statut était renseigné, 83,5 % n’étaient  vaccinés contre la rougeole, 13 % n’avaient reçu qu’une dose, seulement 2 % avaient vraiment reçu 2 doses et, enfin, le nombre de doses était inconnu pour 1,5 %.

Foyers épidémiques recensés et populations concernées

Dans 23% des cas documentés, l’école est le lieu présumé de contage mais depuis début 2009 des foyers épidémiques ont aussi été observés dans la communauté des gens du voyage, favorisés par les rassemblements réguliers de personnes venant de différentes régions de France et d’autres pays européens.

Sous-estimation des cas de rougeole

Même si des actions de sensibilisation à la déclaration obligatoire de la rougeole ont été menées auprès des professionnels de santé depuis fin 2008 il a été clairement démontré, notamment lors des investigations des cas groupés que les chiffres de déclaration obligatoire sous-estimaient l’incidence réelle de la rougeole.

Situation préoccupante

L’augmentation significative de la proportion de cas chez les moins de 1 an et les 20-29 ans a été observée entre 2008 et 2009 traduise un niveau d’immunité insuffisant des jeunes adultes (les jeunes mères ne transmettent ainsi pas d’anticorps maternels pendant leur grossesse) et l’importance des recommandations vaccinales dès 9 mois pour les enfants entrant en collectivité. Bien qu’une amélioration de la couverture vaccinale du vaccin contre la rougeole à 24 mois en France soit observée ces dernières années, elle reste insuffisante et inférieure au niveau fixé par le plan national.

Cette situation préoccupe l’Institut de veille sanitaire ; renforcer les activités de vaccination contre la rougeole des jeunes enfants ainsi que celles du rattrapage des enfants, adolescents et jeunes adultes telles que recommandées dans le calendrier vaccinal restent prioritaire

Après l’OMS qui s’inquiétait et met en garde contre une possible résurgence des décès dus à la rougeole si les efforts de vaccination n’étaient pas maintenus c’est l’Institut de veille sanitaire qui prend le relai pour la France. J’espère que l’InVS sera bien entendu et que la polémique sur la vaccination contre la grippe A H1N1 ne viendra pas altérer l’impact des actions qui sont, et seront, prises dans ce domaine.

Avec Nicolas Sarkozy, les maisons de santé c’est : « quitte ou double »

Le chef de l’état, accompagné de sa ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, et de son ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire, Michel Mercier, a prononcé dans la salle des fêtes de Morée un discours sur les conclusions d’une consultation sur la ruralité conduite depuis octobre 2009.

Des annonces qui sentent bon la campagne

Rien de vaut un déplacement en province pour annoncer quelques mesures dans le domaine des transports, de l’agriculture, de l’accès au haut débit et de la santé.

Réflexion approfondie et mise en œuvre immédiate…

Alors que Nicolas Sarkozy vient de demander au Docteur Michel Legman, président du Conseil national de l’ordre des médecins de lui faire des propositions à la fin de mars pour refonder la médecine libérale et « inventer un nouveau modèle de soins de premier recours » (selon les termes du Président et rapportés dans un précédent billet Le Président Sarkozy en appelle de tous ses vœux à refonder la médecine libérale), fidèle à son habitude, il n’attend pas le résultat de cette consultation pour déjà faire des effets d’annonce.

Devant un parterre d’élus locaux rassemblée à Morée le Président Sarkozy a déclaré que les assises des territoires ruraux avaient montré la préoccupation, qui était la leur, d’un accès à la santé de proximité et a annoncé immédiatement son intention d’engager une « réflexion approfondie » (la commission de refondation de la médecine libérale déjà nommée), tout en mettant en œuvre « quelques mesures immédiates ».

Doubler le nombre des maisons de santé et contrats d’engagement de service public proposés aux étudiants en médecine !

D’une part, l’Etat et l’assurance maladie vont contribuer au financement de 250 maisons de santé pluridisciplinaires sur trois ans, multipliant par deux, en trois ans, leur nombre dans le pays et d’autre part, le chef de l’état souhaite favoriser l’exercice médical dans ces territoires en créant dès la rentrée universitaire prochaine 400 bourses réservées aux étudiants qui s’engageront à « exercer au moins dix ans dans un territoire à faible densité médicale » comme le prévoit la loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (HPST).

Une commission de refondation de la médecine libérale déjà pilotée par l’Elysée

La liste des 14 membres de cette commission dont l’objectif est clairement de renforcer l’attractivité de la médecine libérale,  a été rendu publique et comprend :

  • Jean-Marc Aubert, directeur délégué à la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMT)
  • Paul Blanc, sénateur (UMP, Pyrénées-Orientales) et médecin
  • Gérard Bourrel, médecin généraliste enseignant, l’un des 10 premiers professeurs titulaires de la spécialité
  • Yves Bur, député (UMP, Bas-Rhin) et chirurgien-dentiste
  • Bérengère Crochemore, ancienne présidente de l’Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG
  • Claude Dilain, pédiatre, maire (PS) de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis)
  • Christophe Jacquinet, directeur général préfigurateur de l’Agence régionale de santé (ARS) de Picardie
  • Claude Le Pen, professeur en économie de la santé à la faculté Paris-Dauphine
  • Hubert Le Hetet, anesthésiste à Rennes et administrateur de la Société française d’anesthésie et de réanimation (Sfar)
  • Norbert Nabet, adjoint du directeur général préfigurateur de l’ARS Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca) et ancien conseiller ministériel de Roselyne Bachelot pour la médecine libérale
  • Dominique Orliac, députée (apparentée socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Lot), présidente du Conseil départemental de l’Ordre des médecins du Lot
  • Christian Saout, président du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss)
  • Walter Vorhauer, anatomopathologiste, médecin légiste, secrétaire général du Cnom
  • Patrick Vuattoux, généraliste à Besançon, président de la Fédération des maisons et des pôles de santé (FFMPS).

Bien qu’elle ait déjà annoncé qu’elle ne pourra pas rendre ses recommandations pour la fin mars, cette commission de refondation de la médecine libérale devra travailler aux pas de course…

Vitesse ou précipitation ?

Bien sûr que la question posée de la refondation de la médecine libérale est plus que légitime, mais je ne comprends pas pourquoi, sans attendre, ne serait-ce que les premières recommandations de cette commission,  s’empresser d’annoncer des mesures immédiates tel que le doublement des maisons de santé.

Pourquoi demander à des experts de se réunir, de consulter et de proposer, et annoncer simultanément ce doublement

Doivent-ils considérer que les choix sont déjà faits et leur travail inutile ? Et si les médecins ne souhaitaient pas s’installer dans ces maisons de santé même si elle semble être une réponse de « bon sens » à la désertification médicale ? N’était-il pas possible d’attendre deux ou trois mois, avant de faire ces annonces à ces d’élus locaux de territoires ruraux ? Je ne sais pas, en avril ou mai ? C’est vrai après les élections régionales de mars 2010 par exemple…

À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, l’Association pour la Recherche sur le Cancer utilise le Web 2.0 comme nouvelle corde à son « ARC »

L’Association pour la Recherche sur le Cancer (ARC), reconnue comme une « association exemplaire » pour la rigueur et la transparence de la gestion de ses fond par la Cour des comptes en 2005, est un acteur engagé qui a consacré, depuis 10 ans, 281 millions d’euros à la recherche contre le cancer pour soutenir en moyenne 750 projet de recherche par an.

Mettre en contact le public avec les chercheurs

À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, aujourd’hui le 4 février 2010, l’ARC propose au public de mieux comprendre la recherche en cancérologie. Pour cela, elle propose, non pas d’organiser des réunions publiques, des émissions de radio ou de télévision, mais d’utiliser le potentiel du Web 2.0 pour organiser cette rencontre.

« L’ARC vous connecte aux chercheurs »

« L’ARC vous connecte aux chercheurs » est le nom de cette plate-forme dont l’objectif se veut d’être ambitieux. L’ARC propose de répondre au besoin de savoir du public en lui créant un échange direct avec les chercheurs. Pour cela rien de plus simple, cette plateforme est directement accessible à l’adresse www.questions-chercheurs.com

Quatre sujets de discussions

Quatre sujets de discussion sont proposés :

  • La recherche sur la prévention et le dépistage,
  • Les avancées de la recherche,
  • La recherche sur les traitements des cancers,
  • Le soutien de l’ARC à la recherche,

Les internautes voteront et les questions les plus « populaires » seront traitées par des chercheurs.

Encore plus de Web 2.0…

Si la plate-forme web dédiée à un sujet est aujourd’hui un « outil » d’échange fréquemment utilisé, l’ARC souhaite aller plus loin et  favoriser la proximité avec le public en étant présent sur les réseaux sociaux avec :

Une volonté louable !

L’ARC s’inscrit de façon volontariste dans la modernité en utilisant ces outils de mise en communication.
Il reste à espérer que ce ne soit pas un coup « médiatique » mais bien une réelle volonté de partager l’information et de répondre aux questions légitimes que se posent les malades, leur entourage ou les citoyens qui souhaitent être éclairés et comprendre le cancer et la recherche en cancérologie.
Si la plate-forme www.questions-chercheurs.com est prévue pour une durée de deux mois, nous devons espérer qu’une évaluation et une synthèse seront faites au terme de cette expérience et surtout que le contact perdurera au travers des autres réseaux sociaux.

Comme je conclus souvent: à suivre…

Qui fait quoi, au niveau national, contre la pandémie de grippe A H1-N1 ?

Grippe

Les principaux protagonistes

L’organisation nationale de la lutte contre la pandémie grippale s’organise sous l’égide des services du Premier ministre et en collaboration avec les Ministère de l’Intérieur et de la Santé.

Ils assurent notamment :

  • la constitution des stocks de produits de santé nécessaires à la protection des populations,
  • l’organisation des soins,
  • l’information des professionnels de santé et
  • en cas de menace sanitaire grave, la prescription de toute mesure nécessaire pour en limiter les conséquences.

Les autres protagonistes

  • La DGS (Direction générale de la santé) qui, dans le cadre de la préparation de la lutte contre les épidémies, centralise l’ensemble des alertes et agit en liaison avec les autres ministères et les institutions concernées. La DGS organise et assure aussi la gestion des situations d’urgence sanitaire.
  • La Direction des hôpitaux et de l’organisation des soins qui, dans le cadre de sa participation à l’élaboration et à la mise en œuvre de la lutte contre les épidémies organise l’offre de soins.
  • L’AFSSAPS (l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) prend ou demande aux autorités compétentes de prendre les mesures de police sanitaire nécessaires lorsque la santé de la population est menacée.
  • L’INVS (Institut national de veille sanitaire) est, chaque hiver, en charge de la surveillance et de l’impact de la grippe (nombre de cas, décès, etc.) à partir des données collectées chaque semaine par les Groupes régionaux d’observation de la grippe (Grog) et le réseau Sentinelles. La surveillance virologique est assurée par l’Institut Pasteur pour le nord de la France et par les Hospices civiles de Lyon pour le sud du pays.
  • L’EPRUS (Etablissement de Préparation et de Réponse aux Urgences Sanitaires, établissement public administratif créé par la loi du 5 mars 2007, est chargé de mettre en place un corps de réserve sanitaire et de gérer les stocks et la logistique d’approvisionnement des produits pharmaceutiques nécessaires en vue de répondre aux situations de catastrophe, d’urgence ou de menace sanitaires graves sur le territoire national ou à l’étranger. Ce corps de réservistes complète, en cas d’événements excédant les moyens habituels, comme c’est le cas en de pandémie, ceux mis en œuvre par les services de l’Etat, les collectivités territoriales et les autres personnes participant à des missions de sécurité civile.
  • L’INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé) contribue à la gestion des situations urgentes ou exceptionnelles ayant des conséquences sanitaires collectives, notamment en participant à la diffusion de messages sanitaires en situation d’urgence.

D’autres ministères jouent aussi un rôle dans le cadre de la lutte contre la pandémie grippale :


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