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Etudes de coûts par pathologie entre l’Allemagne, l’Australie, le Canada, la France et les Pays-Bas : des similitudes mais aussi des différences !

Couts santé

L’IRDES (institut de recherche et de documentation en économie de la santé) vient de publier « Etudes de coûts par pathologie : une comparaison méthodologique entre cinq pays ».

Comptes de santé dans les cinq pays étudiés : Allemagne, Australie, Canada, France et Pays-bas

La durabilité (ou soutenabilité) économique du financement des dépenses de santé confrontées à une croissance continue amène la plupart des pays à élaborer des Comptes nationaux de la santé qui permettent d’évaluer la dépenses globale dédiée à la santé, de suivre son évolution et d’en analyser les sources de financement et la répartition par secteur de production ; ces comptes permettent aussi de comparer les dépenses de santé entre pays.

Un intérêt de plus en plus marqué pour les études de coûts par pathologie

Cette approche médicalisée des comptes permet de répartir les dépenses par grande catégorie de diagnostics et d’analyser leur mode de prise en charge.
Ces cinq pays présentent un certain nombre d’options méthodologiques communes qui autorisent ce travail de comparaison mais aussi des divergences importantes qui peuvent biaiser la comparabilité.

Des tendances communes…

Dans les cinq pays étudiés, trois groupes de pathologies prédominent et occasionnent les coûts les plus importants : les maladies cardiovasculaires les maladies digestives et les troubles mentaux.

… des différences significatives

En Allemagne par exemple, les maladies de l’appareil circulatoire et les maladies du système ostéo-articulaire et des muscles occasionnent des coûts significativement plus élevés que dans les autres pays ; il en est de même pour les maladies de l’appareil respiratoire en Australie et pour les troubles mentaux aux Pays-Bas.

Des différences à comprendre ou à expliquer

Ces écarts dans les résultats de ces cinq études de coût par pathologie pourraient s’expliquer par les différences d’organisation et de performance des systèmes de santé ou par le profil épidémiologique et démographique respectif de chaque pays.

Comment améliorer la comparabilité globale ?

Pour en faire réellement des outils de comparaison de performance et de pilotage des systèmes de santé, il conviendrait de pérenniser et d’actualiser ces études de coûts par pathologie et surtout il serait nécessaire de se doter de règles de comparabilité communes et d’une nomenclature de référence pour l’élaboration des Comptes de la santé.

Un problème malheureusement universel

Nous voyons bien que la pérennisation de notre système de santé dépasse l’hexagones et concerne tous les pays industrialisés (pour les pays en voie de développement, c’est un problème différent et encore plus complexes à résoudre). Chaque pays dispose d’un système de comptabilité nationale dans lequel sont retracés la production, la consommation et le financement de la « fonction santé ».

Les grands agrégats des comptes de la santé en France

Dans le cadre des comptes de la santé sont calculés :

  • La consommation des soins et de biens médicaux (CSBM) qui constitue la valeur totale des biens et services de santé consommés à titre individuel. Elle se compose des soins hospitaliers (publics et privés), des soins ambulatoires (médecins, dentistes, etc.), des transports de malades, des médicaments et des autres biens médicaux (optique, prothèses, etc.).
  • Les dépenses courantes de santé (DCS) qui est un agrégat plus large qui ajoute à la CSBM : les dépenses individualisables mais qui ne correspondent pas à un bien ou un service de santé (indemnités journalières de maladie, maternité, accident du travail, etc.), les dépenses de prévention à caractère individuel (dépistage, vaccination, etc.) ou collectif (campagnes d’information et d’éducation de la santé, etc.), les dépenses de fonctionnement et de développement du système de santé (formation des personnels de santé, recherche médicale, coût de gestion de las santé, etc.).
  • La dépense totale de santé (DTS) qui est un agrégat proche du précédent mais qui répond à la définition initialement proposée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et aujourd’hui adoptée par l’Union européenne et l’Organisation mondiale de la santé. Le DTS se différencie quelque peu de la DCS car elle intègre les investissements du secteur public hospitalier ainsi que les dépenses relatives à la dépendance et au handicap, mais ne comptabilise pas les indemnités journalières, ni les dépenses de recherche et de formation médicale.

La nomenclature SHA (System of Health Accounts)

Afin de disposer d’un système international commun donc comparable, l’OCDE a proposé le SHA, grille commune pour la production des Comptes de santé à travers des règles de comptabilité identiques et une déclinaison des agrégats monétaires selon trois critères : la nature des soins (health care function), le producteur des soins (health care provider) et la source de financement (source of financing).

Vers un système de santé durable?

Nous devons nous engager dans cette voie d’harmonisation des Comptes nationaux de la santé.
Je pense que c’est notamment en se comparant et en apprenant de l’autre que nous pourrons développer durablement un système de santé, non seulement compatible avec les besoins des générations futures, mais aussi soutenable sur le plan économique et irréprochable en terme d’équité sociale.

Source : Irdes, Questions d’économie de la santé n°143, juin 2009

Les hôpitaux à l’heure du développement durable

Guide des pratiques vertueusesLe Comité pour le développement durable en santé (C2DS) vient de publier un « guide 2009 des pratiques vertueuses en développement durable » pour les hôpitaux et cliniques.
Le C2DS est né il y a un an sous le haut patronage des deux ministères de la santé et du développement durable.

Communauté d’idée et de travail, il regroupe au sein d’un premier cercle de plus de 200 professionnels de santé et au sein d’un deuxième cercle l’ensemble des parties prenantes du monde hospitalier.

« D’abord ne pas nuire, ensuite soigner »

Convaincu que le développement durable doit devenir l’axe majeur de la politique de santé en France et en Europe, le C2DS souhaite impulser une dynamique santé-environnement audacieuse, inventive en direction des secteurs hospitaliers public et privé.

L’idée de cet ouvrage est de recenser sur l’ensemble du territoire les bonnes pratiques de « développement durable » dans le secteur hospitalier afin de construire méthode et outils pour les professionnels de santé.

Appliquer les principes du « développement durable » aux structures de santé (utilisation de matériaux non cancérigènes exempts de toute toxicité, de produits moins nocifs pour les patients qui les inhalent et les professionnels qui les manipulent, trier et recycler l’énorme masse des déchets et les quantités colossales d’eau consommée, construction des bâtiments en harmonie avec son environnement et fonctionnant avec des énergies respectueuses, etc.) est important mais pas spécifique au domaine de la santé ! L’éco-construction, les économies d’énergie, la préservation de l’atmosphère, les achats responsables, le tri, recyclage et la valorisation des déchets sont successivement illustrés et expliqués.

Durable, durable, vous avez dit durable!

Mais ne devrait-on pas plutôt répondre à la question : comment développer durablement notre système de santé ? Comment le financer sur le long terme ? Comment s’assurer durablement que le principe de couverture universelle ne sera pas remis en cause ?


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